À Montpellier, l’université ferme ses portes aux débats sur l’islamophobie et la Palestine
Le syndicat Solidaires Étudiant-e-s dénonce le refus de la présidence de l’Université de Montpellier de leur attribuer des salles pour une table ronde sur l’islamophobie, organisée le 25 mars. En cause, selon le communiqué publié le 15 avril : des arguments liés à l'”ordre public” que le syndicat qualifie de prétextes. Ce n’est pas un cas isolé
La table ronde a bien eu lieu — mais pas là où elle était prévue. Le 25 mars, Solidaires Étudiant-e-s organisait un événement sur l’islamophobie en France et à l’université. Faute d’avoir obtenu une salle à l’Université de Montpellier (UM), le syndicat a dû se replier vers l’Université Paul-Valéry. En cause, selon le communiqué publié le 15 avril : un refus de la présidence de l’UM que l’organisation qualifie de “censure mal déguisée”.
Un refus, puis un autre
Dans un premier temps, la présidence aurait opposé à Solidaires Étudiant-e-s que seules les organisations étudiantes “représentatives” étaient autorisées à réserver des salles — un argument que le syndicat conteste, rappelant qu’il dispose d’élues au Conseil Académique et à la Commission Recherche. Une deuxième demande, déposée fin février par SUD éducation, aurait été acceptée, mais seulement le 20 mars, soit quelques jours avant l’événement, alors que l’organisation avait déjà trouvé une solution de repli. La première demande, au nom de Solidaires, a quant à elle été définitivement refusée.
Les motifs invoqués par la présidence, tels que rapportés par le syndicat : les “risques de troubles à l’ordre public”, le “contexte politique international”, le “contexte politique des élections municipales” et les “événements récents à Lyon”. Des justifications que Solidaires juge non seulement insuffisantes, mais révélatrices d’une logique de censure : faire peser sur ceux qui dénoncent des discriminations la responsabilité des tensions éventuelles que cette dénonciation pourrait susciter.
Pas un cas isolé
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large. Quelques semaines plus tôt, selon le même communiqué, la projection du film palestinien Lyd avait essuyé un refus comparable, au motif d’une supposée “atteinte excessive au principe d’indépendance du service public”. En mars 2024 déjà, la présidence de l’Université avait refusé la tenue d’une conférence de Pierre Stambul, porte-parole de l’Union Juive Française Pour la Paix (UJFP) “en raison des propos qui pourraient y être tenus et provoquer des troubles à l’ordre public”.
Le syndicat pointe également la circulaire dite “Baptiste”, adressée le 16 février aux rectorats et préfectures par les ministères de l’Intérieur et de l’Enseignement supérieur, qui vise à interdire la tenue de réunions à caractère politique dans les universités. Selon Solidaires, la présidence de l’UM se serait alignée sur ces injonctions.
Contactée, l’Université de Montpellier n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Nos articles sont gratuits car nous pensons que la presse indépendante doit être accessible à toutes et tous. Pourtant, produire une information engagée et de qualité nécessite du temps et de l’argent, surtout quand on refuse d’être aux ordres de Bolloré et de ses amis… Pourvu que ça dure ! Ça tombe bien, ça ne tient qu’à vous :
ARTICLE SUIVANT :

