À Issanka, une marche pour l’eau contre la LGV

Elian Barascud Publié le 2 juin 2026 à 10:08
L'association Alerte LGV Thau a crée un montage pour visualiser l'implantation du viaduc ferroviaire au bord du bassin de Thau. (DR)

Le collectif Alerte LGV Thau organise samedi 6 juin une marche jusqu’à la source d’Issanka, pour alerter sur les risques que ferait peser le projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan sur seize captages d’eau potable du territoire

Samedi 6 juin, le collectif Alerte LGV Thau (ALT) organise une marche de Frescaly au parc d’Issanka, pour alerter sur l’un des impacts les plus concrets du projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) : la menace que ferait peser le chantier sur seize captages d’eau potable, dont la source d’Issanka, qui alimente Sète et une grande partie du bassin de Thau.

Le départ est fixé à 10h15 depuis Frescaly, pour une arrivée au parc d’Issanka à 10h45. Un point presse est prévu de 10h45 à 11h15, sur la D2E5, à l’accès du parc situé en face de la voie communale n°6, chemin d’Issanka.

Un chantier titanesque aux portes du bassin

Vieux projet de la fin des années 1980, la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan est entrée dans sa phase opérationnelle : les travaux sont prévus pour 2029, la mise en service pour 2034. Le chantier prévoit 150 kilomètres de voie ferrée à 330 km/h, traversant 23 communes, avec notamment un viaduc de 28 mètres de haut et 1,4 kilomètre de long aux abords de l’étang de Thau, un tunnel sous le massif de la Gardiole et deux nouvelles gares TGV à Béziers et Narbonne. Coût annoncé : 8 milliards d’euros, financés par l’État, les collectivités territoriales et l’Union européenne.

Seize captages dans le viseur

« Notre but est de faire de l’information, car beaucoup de gens ne savent pas ce qu’il se passe », explique Pierre Miralles, membre d’ALT. « Ce sont des forages qui représentent un réel danger : s’ils percent la couche supérieure de la nappe phréatique, il y a des risques de pollution pour tout le bassin de Thau. »

Le projet prévoit notamment l’implantation du viaduc de la Vène dans la zone de captage d’Issanka. Selon des militant·es du collectif, des pylônes descendraient à quinze mètres de profondeur alors que la nappe phréatique ne se trouverait qu’à vingt mètres. En novembre 2024, le directeur de la mission LNMP à la SNCF, Stéphane Lubrano, aurait déclaré lors d’une réunion publique à Poussan que « le projet ne verra pas le jour sur Issanka s’il y a un impact sur la ressource en eau ». Une promesse que les opposants entendent bien lui rappeler.

ALT, qui adopte une posture de négociation plutôt que de blocage, ne réclame pas l’abandon pur et simple du projet. « Nous ne sommes pas contre le train, on a besoin d’une autre ligne que l’existante, qui va finir submergée, mais on demande une révision du projet », précise Pierre Miralles.

Une prochaine réunion publique sur le sujet est prévue à Sète le 26 juin.

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