En direct. Suivez l’acte 4 de la mobilisation lycéenne et étudiante à Montpellier

Le Poing Publié le 8 octobre 2026 à 07:24 (mis à jour le 8 octobre 2026 à 08:53)
Devant le lycée Jules Guesde pour la mobilisation de la jeunesse du 8 octobre 2026

Le Poing vous propose un fil d’info édité en cours de matinée sur ce qui devrait être un nouveau temps fort de la mobilisation lycéenne à Montpellier, rejointe par les étudiant-es. Avant une manifestation appelée par les jeunes mobilisé-es et l’intersyndicale de l’éducation, à 13h au Peyrou.

7h30. Sébastien Lecornu a donné une allocution depuis Matignon ce mercredi 7 octobre, consacrée aux prix des carburants, à la crise agricole et aux finances publiques, mais aussi à la crise lycéenne. Il y annonçait que la plateforme de consultation ouverte aux lycéen-nes aurait recueillie 40 000 contributions, et que les premières décisions du gouvernement sur les lycées seront annoncées fin octobre. De son côté, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, auditionné face aux député-es, a rejeté l’idée d’une abolition de la plateforme Parcoursup, revendication importante du mouvement en cours. Ces annonces calmeront-elles la colère de la jeunesse ?

 

À Montpellier, Guylain Camour, doyen de la faculté de Droit et de Science politique de Montpellier a adressé, ce mercredi, un communiqué à ses étudiant-es annonçant que tous les cours passeraient en distanciel jusqu’à la fin de la semaine. Le 6 octobre, cette fac avait été bloquée tôt la matin avant d’être fermée par l’administration.

Ce jeudi 8 octobre, dès 7h, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) annonçait déjà le blocage effectif de la fac de lettre Paul Valéry, de la fac de pharmacie, de la fac de sciences et de la fac d’économie.

 

Des lycéen-nes organisent un barrage filtrant devant le lycée Joffre pour laisser passer les élèves en classe préparatoire. “La police est passée enlever les poubelles, on les a replacées”, explique Enki, un élève du lycée. L’allocution du premier ministre Sébastien Lecornu de hier soir, censée apporter des réponses à la colère lycéenne, n’a visiblement pas eu l’effet escompté : “Il n’a pas été à la hauteur, c’est une pirouette de plus” selon Élie, un autre élève. “On nous a promis une plate-forme en ligne pour nos revendications, mais on l’a vu avec les cahiers de doléances des gilets jaunes, ça ne sert à rien. On nous a aussi promis des demi-journées de démocratie interne dans les établissements, mais là encore, on n’en a pas besoin, nos revendications sont nationales.” 

 

Ce jeudi matin, des élèves du lycée Clemenceau doivent être reçus par Michaël Delafosse, maire de Montpellier. Une démarche qui rend Enki du lycée Joffre sceptique : “Il faut que nos camarades fassent attention à ne pas se faire récupérer politiquement. On l’a vu la semaine dernière quand on est allé discuter avec la rectrice, la première chose qu’elle a fait c’est de nous donner des autorisations de droit à l’image à remplir pour pouvoir dire qu’elle discute avec la jeunesse… De toute façon, nous n’avons à faire qu’à des instances différentes qui se renvoient la balle en disant que ce n’est pas de leur responsabilité….” Photo ci dessous à Joffre :

 
 
 

7h45. Le lycée Jules Guesde, après plusieurs jours de fermeture administrative, réouvre… pour être immédiatement bloqué. Poubelles, grilles et chaînes humaines empêchent quelques centaines de lycéen-nes, mobilisé-es ou non, de rentrer. Le barrage est filtrant pour laisser entrer les colégien-nes. L’ambiance est détendue. Un jeune avec un costume de dinosaure se balade dans la foule. Photo ci-dessous à Jules Guesde :

8h Alors qu’un escadron de gendarmes mobiles stationne à quelques mètres du lycée Mermoz, de nombreux élèves rassemblées devant l’établissement écoutent Zélie, en terminale, qui harangue la foule au mégaphone, debout sur une poubelle : “Le gouvernement prévoit la suppression de 1590 postes de profs dans son prochain budget. On est 35 en cours de langues, 35 en cours de spécialité, et on s’étonne que la phobie scolaire augmente… Le gouvernement veut qu’on fasse des réunions de “démocratie interne” pour parler de nos revendications, c’est juste un moyen de gagner du temps, car nos revendications, ils les connaissent. Une de ces heures a lieu à 9 heures, il faut la boycotter.” Photo ci-dessous prise à Mermoz :

Sabine, enseignante syndiquée au SNUDI-FO, est venue en soutien des lycéens de Mermoz. “Les instits et les AESH étaient en grève mardi. Nous sommes normalement soumis à des déclarations d’intention de grève à soumettre 48h avant sous peine de sanctions, mais des collègues les ont envoyé hors délai pour pouvoir se mettre en grève aujourd’hui. Nous soutenons les revendications lycéennes cat nous avons les mêmes dans le premier degré : plus de profs et plus d’AESH.” Elle dénonce également la “répression brutale” qui touche le mouvement. Le ministère de l’intérieur annonçait le 7 octobre 6 629 interpellations, 761 policiers et gendarmes blessés, ainsi que 215 élèves et 89 personnels enseignants. Main arrachée à Lens, jeune homme éborgné à Tours : la répression de ce mouvement de jeunesse est d’une triste intensité.

8h30 Des tentatives de déblocage de la fac de pharmacie seraient en cours.

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