Canicule, violences sexuelles, fermetures de classes : à Montpellier, les parents d’élèves manifestent
Ce mercredi 1er juillet, l’association Une école Un avenir a appelé à un rassemblement devant les jets d’eau de l’Esplanade Charles de Gaulle à Montpellier pour dénoncer plusieurs dysfonctionnements dans les écoles de la ville
Quelques enfants s’arrosent entre eux au milieu des jets d’eau de l’Esplanade Charles de Gaulle, ce mardi 1er juillet. Les parents, eux, sont plus graves : “Aujourd’hui, dans les écoles, nos enfants sont soumis à des risques”, résume Murielle Kosman, co-porte parole de l’association Une école un Avenir, qui appelait à un rassemblement pour dénoncer “des dysfonctionnements dans les écoles de Montpellier”, à quelques jours des vacances scolaires. “Si on se réunit aujourd’hui, c’est pour tisser du lien, se parler, et construire une mobilisation sur la durée”, détaille Murielle Kosman, co-porte parole de l’association Une école un avenir.
Parmi les dynsfonctionnements pointés du doigt par les parents, il y a en premier lieu les conséquences de la canicule : “On se retrouve avec des classes à 36 ou 38 degrés, sans climatisation, nos enfants nous disent parfois que leurs copains font des malaises, et quand on en fait part aux responsables politiques locaux, on se fait répondre qu’il fallait s’y attendre en s’installant dans le sud”, enrage Muriel Kosman. A l’école Mozart, les parents auraient acheté des couvertures de survie pour les mettre sur les fenêtres, mais n’auraient pas eu l’autorisation de les y fixer. Une parent d’élève déléguée de l’école maternelle Charlie Chaplin, raconte quant à elle que des arbres de la cour ayant été coupés et remplacés par de la pelouse synthétique, les enfants sont entassés sous le peu d’ombre qu’il reste pendant les récréations. “Nous n’avons pas le temps d’attendre les plans de végétalisation des cours d’écoles promis par le maire de Montpellier Michaël Delafosse”, tranche Murielle Kosman, qui réclame la climatisation dans tous les établissements. “J’ai réalisé quelques calculs, ça serait toujours moins polluant à l’année qu’un aller retour Montpellier-Paris en avion”, ajoute-t-elle.
Contre les fermetures de classes
Les parents mobilisés dénoncent également les fermetures de classes annoncées sur Montpellier, qui ont provoqué des mobilisations ces dernières semaines. En cause : la carte scolaire 2026, qui prévoit la suppression de 75 postes d’enseignants dans le premier degré de l’académie de Montpellier, justifiée par le rectorat par une baisse démographique d’environ 4 600 élèves. Un argument comptable qui passe mal dans une ville où les effectifs, eux, ne désemplissent pas. Fin juin, la contestation a pris de l’ampleur : après un blocage de l’école Émile Combes, dans le quartier Alco, dès le lundi 22 juin à 7h20 du matin, les parents de quatre établissements (Émile Combes, Docteur Roux, Paul Langevin et la maternelle Surcouf)se sont mobilisés simultanément le jeudi 25 juin, dénonçant à chaque fois des fermetures décidées par la Dasen qu’ils jugent injustifiées au regard des chiffres réels. “Et quand manifeste devant les écoles, on nous envoie la police”, souffle Murielle Kosman.
La brulante question du périscolaire
Enfin, épineuse question d’actualité, celle des violences sexistes et sexuelles dans le périscolaire qui ont agité Montpellier ces derniers mois. Plusieurs animateurs du périscolaire montpelliérain sont aujourd’hui mis en cause dans des affaires distinctes. Début avril, Midi Libre révélait qu’un ancien animateur de 33 ans, intervenu pendant plusieurs années dans des écoles de la ville, avait été mis en examen en mars pour des faits présumés de viol et d’agressions sexuelles sur des mineures de moins de dix ans, à l’école Charles Dickens et au centre de loisirs Astérix. Fin juin, on apprenait qu’un deuxième animateur, qui exerçait dans les écoles La Fontaine et Jules-Verne, aux Beaux-Arts, avait été suspendu dès le mois de mars après un signalement de violences sexuelles, suivi d’une information judiciaire ouverte fin juin, l’intéressé contestant les faits, selon France 3 Occitanie. Problème : les parents n’ont été informés que quatre mois plus tard, par un mail que l’association Une école un avenir a qualifié d’“extrêmement évasif”, et la réunion organisée en mairie le 29 juin, en présence de l’adjointe Tasnime Akbaraly, a laissé les familles avec de nombreuses questions sans réponse, rapporte Hérault Tribune. “Nous demandons un protocole clair de protection, de signalement et de communication autour des cas de violences sexuelles et sexistes à l’école”, détaille Murielle Kosman. Et une parent d’élève de résumer, non sans émotion : “On n’envoie pas nos enfants à l’école pour avoir peur.”
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