Conseil municipal de Montpellier : la France Insoumise dénonce le tout-sécuritaire de Delafosse
Au cours du Conseil municipal du 14 avril, l’opposition Insoumise au maire “socialiste” Michaël Delafosse a dénoncé par deux fois, lors du vote du budget et de l’examen d’une convention relative à la police métropolitaine des transports, une politique du “tout-sécuritaire” à rebours de l’urgence sociale que connaît Montpellier
Sensation de déjà-vu lors de la première heure du Conseil municipal montpelliérain du 14 avril. Les débats autour du vote du budget primitif 2026 (la bagatelle de 718 millions d’euros) ont en effet largement repris ceux du débat d’orientation budgétaire du 8 avril : des socialistes fiers d’annoncer une fiscalité stable et leur volonté de « défendre les services publics », des Insoumis dénonçant « un budget d’austérité » qui ne prend pas en compte la bombe sociale de la précarité et du logement, et des colistiers du milliardaire Mohed Altrad qui, en bons libéraux, appellent à sabrer dans les dépenses de fonctionnement de la Ville.
Nouvel élément toutefois, sur la question de la sécurité. Livia Jampy, pour la France insoumise, a ouvert les critiques contre « l’hôtel des sécurités », censé regrouper d’ici 2029 l’ensemble des effectifs de police de la ville ainsi que des entreprises privées de surveillance dans un même bâtiment (pour 1,7 million d’euros d’argent public). La deuxième plus jeune élue de la ville dénonce l’absence de budget pour la prévention et la médiation, allant jusqu’à railler Sébastien Côte, « monsieur sécurité » de Delafosse, en évoquant ses potentielles ambitions de ministre de l’Intérieur sous Macron.
Un pistolet 9mm contre les incivilités ?
Deuxième saillie insoumise quelques heures plus tard, au moment de voter une convention encadrant l’activité de la « police métropolitaine des transports » (armement, caméras individuelles, etc.). « Pourquoi ont-ils des pistolets de 9 mm, des pistolets à impulsion électrique, des grenades lacrymogènes et une unité cynophile ? », s’interroge la députée Nathalie Oziol, qui poursuit : « Ça finit toujours mal, surtout quand il y a une multiplication des polices dans une logique du tout-répressif, sans prévention. Le cas de l’interpellation médiatisée par le GSRI pendant la campagne aurait dû servir de signal d’alarme. On pourrait recruter des médiateurs plutôt que d’armer la police. Il faut m’expliquer comment des pistolets de 9 mm servent à lutter contre les incivilités. Il faut une police municipale unique : là, cela crée des espaces séparés, avec leur propre police et leurs propres règles, qui provoquent de la répression. »
Sébastien Côte réagit aussitôt en accusant la députée insoumise de « méconnaître le sujet ». À l’entendre, il faudrait presque féliciter les agents de « n’avoir jamais utilisé leurs armes depuis la création de la brigade des transports », qui aurait, selon lui, permis de « réduire les incivilités de 40 % ». À l’adresse de Nathalie Oziol, il ajoute : « En voulant désarmer la police, vous attaquez les usagers des transports en les laissant démunis face à la délinquance. »
Au Poing, on n’est pas convaincu qu’une police aussi désarmée et républicaine que le souhaiterait la France insoumise serait exempte de violences et de schémas de domination racistes, sexistes, etc. Néanmoins, on peut s’en réjouir : ce que nous dénonçons depuis six ans dans nos articles au sujet de Michaël Delafosse — son obsession sécuritaire — trouve aujourd’hui des échos dans l’hémicycle municipal.
Nos articles sont gratuits car nous pensons que la presse indépendante doit être accessible à toutes et tous. Pourtant, produire une information engagée et de qualité nécessite du temps et de l’argent, surtout quand on refuse d’être aux ordres de Bolloré et de ses amis… Pourvu que ça dure ! Ça tombe bien, ça ne tient qu’à vous :
ARTICLE SUIVANT :

