Festival des Fourmilières : deux semaines pour apprendre à démonter l’extrême droite
Le festival antifasciste et solidaire essaime du 25 septembre au 11 octobre, de l’Hérault à l’Ardèche. Au menu : plus de 200 rendez-vous montés par une centaine de collectifs, entre conférences, débats et évènements festifs
Pendant plus de deux semaines, du 25 septembre au 11 octobre, le festival Les Fourmilières va essaimer sur l’Hérault, le Gard, l’Aveyron, l’Aude, la Lozère, et même jusqu’en Ardèche. L’ambition est assumée dans le communiqué de presse diffusé fin juillet : « affirmer la lutte contre l’extrême droite dans nos territoires », montrer que ses opposants sont nombreux et « proposer un autre projet de société face à la menace fasciste ».
Chaque collectif programme ce qu’il veut chez lui, dans le cadre d’une charte commune qui engage tout le monde sur la non-violence, la solidarité et l’inclusivité. Résultat : des conférences, des concerts, des banquets, des projections, des ateliers gosses et des bals, souvent le même jour à cent kilomètres d’écart.
StreetPress déplace ses formations à La Carmagnole
Le média parisien, qui documente les milieux d’extrême droite depuis seize ans, tient trois soirées publiques à Montpellier. Depuis décembre 2025, il anime des sessions en visio, diffusées en direct puis archivées sur sa chaîne YouTube Le Club StreetPress, et en revendique plus de 7 000 spectateurs. Le principe : décortiquer les réseaux, les méthodes et les codes de l’extrême droite pour donner des billes à celles et ceux qui la combattent. À huit mois de la présidentielle, la rédaction sort du studio et vient jouer l’exercice devant une salle. Entrée gratuite, sur inscription.
Jeudi 1er octobre. Une soirée consacrée à la logistique du contre-feu : comment on monte, concrètement, un événement face à l’extrême droite. Autour de la table, Nicolas Lebourg, historien et l’un des spécialistes les plus cités du sujet en France, également cofondateur du festival Nostre Mar à Perpignan ; Éloïse, engagée dans la riposte du Quartier Généreux et parmi les organisatrices des Fourmilières ; et Fef, qui anime les Ateliers de l’Espoir.
Mercredi 7 octobre. Mathieu Molard, rédacteur en chef de StreetPress, vient parler de son livre sorti récemment, Au nom des blancs, une histoire des identitaires aux éditions Divergences, et détaillera les méthodes employées par l’extrême droite pour imposer ses thèmes, ainsi que les façons d’inverser le rapport de force.
Jeudi 15 octobre. Place aux lieux qui durent, avec des membres de La Carmagnole, et du bar associatif Le Prolé à Alès. Comment ces espaces se sont montés, ce qu’ils y défendent, et ce qu’ils conseillent à qui voudrait en ouvrir ailleurs.
Habibitch et Planète Boum Boum à la Halle Tropisme
À Montpellier toujours, le Quartier Généreux et la Halle Tropisme s’associent pour une journée entière le mercredi 30 septembre, de 15h à 23h30. L’après-midi est en accès libre : ateliers jeunesse autour des droits des enfants et lectures engagées de 15h à 18h, puis rencontre avec Habibitch autour de son livre Décoloniser le dancefloor de 16h30 à 19h30. La soirée est payante, 14 ou 20 euros, avec le concert de Planète Boum Boum à 20h et le DJ set d’Habibitch à 21h30.
Sète : ultra droite, Bolloré et baléti
Le collectif de lutte contre l’extrême droite Sète / Bassin de Thau occupe le terrain du 29 septembre au 9 octobre. Ça commence au cinéma Comoedia le 29 septembre, avec un apéro à 19h animé par la chorale « à poils et à paillettes », puis à 20h la projection d’un documentaire sur le terrorisme de l’ultra droite, suivie d’un débat avec des militants montpelliérains confrontés à des groupes d’extrême droite violents.
Le 8 octobre à 18h, une rencontre-débat sur l’édition et l’emprise Bolloré, montée avec deux librairies locales. Et le 9 octobre de 18h à 22h, un baléti à la salle René Llense, à l’Île de Thau, histoire de finir en dansant.
À Lodève, ça se passera sans la mairie
Le Lodévois affiche l’un des programmes les plus fournis, étalé du 19 septembre au 11 octobre. C’est aussi le seul endroit où le festival a dû se replier. Comme l’avait révélé Midi Libre, la mairie a notifié son refus le 12 juin par mails aux associations porteuses d’événements, jugeant le festival trop politisé, et a fermé ses salles et ses espaces publics. Les collectifs lodévois financent leur quinzaine par une cagnotte portée par le ciné-club CinéVoies.
Où trouver le programme
Le programme complet, événement par événement, est publié sur l’agenda en ligne du festival, accessible depuis les-fourmilieres.org. Il continue de se remplir : des collectifs rejoignent le festival à mesure que les dates approchent, et certains rendez-vous n’apparaissent que quelques jours avant. Pour suivre les ajouts et soutenir les collectifs, le compte Instagram @lesfourmilieres reste le canal le plus à jour.
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