Insurrection en Bolivie : une soirée de soutien organisée à Montpellier
Samedi 20 juin, le Centre Ascaso Durruti accueille une soirée de soutien au mouvement populaire bolivien avec projection, débat et concert
Depuis plusieurs semaines, la Bolivie traverse une crise d’une rare violence. Face au gouvernement de Rodrigo Paz, qui a décrété l’état d’exception et militarisé le pays, un vaste mouvement de résistance s’est structuré autour du Pacte d’unité ouvrier-paysan-indigène-originaire, regroupant notamment la CSUTCB, les Ponchos Rojos, la Fédération Tupak Katari et la centrale ouvrière bolivienne. Les organisations du mouvement font état de dizaines de morts, des centaines de blessés par balles et plus de 400 arrestations.
Pour disqualifier la contestation, le gouvernement la présente comme un « coup d’État narco-terroriste » fomenté par l’ex-président Evo Morales. Ses opposants y voient une manœuvre de dépolitisation : derrière l’étiquette, ce sont des syndicats paysans, des organisations indigènes et des structures territoriales de base qui mènent la lutte, non des putschistes. Le reproche central adressé à Rodrigo Paz est celui d’une trahison : élu sur un programme souverainiste, il aurait opéré un virage brutal, engageant une politique de privatisation des ressources et de suppression des services publics à rebours de ses promesses de campagne.
En toile de fond : le lithium. La Bolivie détient une part majeure des réserves mondiales, et le contrôle de Une assemblée autour d’un point blocage, sur une route sillonneuse et abrupte, jonché de pierre, entre cochabamba dans les Andes et Villa Tunari en Amazonie.. (DRcette ressource concentre les appétits, américains en particulier, dans un contexte de rivalité géopolitique avec la Chine. Selon les organisations du mouvement, Washington chercherait à imposer un accès exclusif aux richesses du sous-sol bolivien, quitte à démanteler les structures communautaires héritées de la tradition andine de l’Ayllu.
Face à la répression, le mouvement a développé une tactique de résistance décentralisée : blocages mobiles de carrefours, retraite avant l’arrivée des forces de l’ordre, puis reprise ailleurs, tapis de pierres sur des kilomètres dans les campagnes pour entraver les blindés, et rotation communautaire des « tours de garde » entre familles et secteurs. Une forme d’organisation que ses partisans comparent, dans son efficacité et sa résilience, à un véritable état-major populaire, dont le centre symbolique se situerait aujourd’hui à Caracollo, lieu des premiers massacres de 2026.

C’est dans ce contexte que le Centre Ascaso Durruti, rue de la Salle l’Évêque, ouvre ses portes le samedi 20 juin de 18h à 23h30 pour une soirée de solidarité. Au programme : la projection du film Achachi, insurrection aymara, suivi d’une discussion avec des membres francophones de l’Assemblée contre le pillage, autoconvoquée dans les vallées de Cochabamba. L’échange s’articulera autour d’un fanzine consacré à la situation bolivienne depuis les années 2000. Concert de cumbia par l’Akrata Sound System, cantine solidaire et boissons complèteront la soirée.
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