Journée de Jérusalem à Castelnau-le-Lez : les élus socialistes persistent
Dimanche 28 juin, le Centre culturel juif Simone Veil organise au Domaine de Verchant sa traditionnelle “journée de Jérusalem, capitale une et indivisible du peuple juif”. Une revendication contraire au droit international, portée une nouvelle fois avec le soutien affiché de la Ville de Montpellier et de la Région Occitanie. BDS-Urgence Palestine appelle à manifester la veille
C’est une date qui revient chaque année depuis bientôt un demi-siècle, et qui devient chaque année un peu plus difficilement défendable. Le Centre culturel juif Simone Veil (CCJSV) de Montpellier organise le dimanche 28 juin 2026 la 49e édition de la “journée de Jérusalem, capitale une et indivisible du peuple juif”, au Domaine de Verchant, un hôtel quatre étoiles de Castelnau-le-Lez. Une revendication qui entre en contradiction directe avec les résolutions des Nations Unies, que la France a cosignées, et selon lesquelles le statut de Jérusalem reste une question à régler dans le cadre d’un accord de paix négocié.
Ceux qui espéraient que l’événement serait enfin dépouillé du soutien institutionnel des élus locaux en seront pour leurs frais. Le programme de présentation de cette 49e édition fait apparaître les logos de la Région Occitanie, présidée par Carole Delga et de la Ville de Montpellier, dont le maire socialiste Michaël Delafosse avait pourtant annoncé en avril 2025, sous la pression de son aile gauche et du mouvement social, que la journée ne se tiendrait plus dans un lieu public comme c’était le cas avant. Le logo de l’ambassade d’Israël figure également sur le programme. Une pétition citoyenne en ligne demandant le retrait de ces logos a été lancée.
Dans le fascicule de présentation de l’événement, on peut lire que “deux ans et demi se sont écoulés avec ce courage jamais démenti de la population face à l’adversité, qui comprenait que le combat mené par son pays était juste”. Le “pays” en question est Israël. Le texte ne mentionne pas Gaza.
Un casting qui ne laisse pas de place au doute
Le programme de cette 49e édition ne cache pas ses couleurs. Parmi les intervenants, Raphaël Jerusalmy, présenté sur i24news comme “ancien officier du renseignement militaire israélien”, vient présenter son ouvrage “Tribunes de guerre 2023-2025”, recueil de ses analyses publiées sur la chaîne depuis le 7 octobre 2023. Né en France, il a servi dans l’armée israélienne et au sein des services de renseignement militaire, avant de revenir en France comme romancier et chroniqueur. Dans ses textes, il décrit ses tribunes comme un “arsenal d’auto-défense” pour “le peuple juif et ses amis” contre “ceux qui mentent” et “détestent les Israéliens bien plus qu’ils n’aiment les Palestiniens”. Quant à i24news, la chaîne appartient à Patrick Drahi, dont les “motivations sionistes sincères afin d’améliorer l’image d’Israël” ont été publiquement assumées. Plusieurs organisations de journalistes et médias, dont Télérama et Le Monde diplomatique, ont relevé son positionnement éditorial pro-gouvernemental israélien.
Emmanuel Razavi, journaliste franco-iranien, viendra quant à lui présenter son dernier livre “Paris-Téhéran, le grand dévoilement”. Razavi collabore notamment avec Paris Match, Valeurs Actuelles et Franc-Tireur. Un troisième intervenant, franco-israélien, est annoncé comme affilié au Technion, l’Institut israélien de technologie de Haïfa, également chroniqueur sur i24news. Et toujours au programme : Sar-El, l’association qui propose à des jeunes et des adultes français des séjours de volontariat civil au sein de l’armée israélienne.
Quinze ans de mobilisation, deux reculs symboliques
BDS-Urgence Palestine, qui mène des actions contre cette journée depuis 2010, a appelé à un rassemblement la veille, le samedi 27 juin. Dans son communiqué, le collectif rappelle que la journée commémore sous le terme “réunification de Jérusalem” ce qui constitue en droit international une annexion militaire, opérée par Israël en 1967 et jamais reconnue par la communauté internationale. Il souligne deux reculs obtenus au fil des années : d’abord la fin de la gratuité du parc de Grammont et de son matériel, puis, depuis 2025, la fin du prêt de locaux municipaux. Des victoires qualifiées de “reculs de communication” par le collectif, qui note que le soutien financier de la Ville au CCJSV ne s’est pas tari pour autant : en 2024, en plein contexte de guerre à Gaza, l’association avait bénéficié de 31 000 euros de subventions de la part de la Ville de Montpellier, selon les données publiques d’attribution des subventions municipales.
Par ailleurs, en février 2025, la mairie avait ouvert les portes de l’hôtel de ville au CCJSV pour un colloque intitulé “L’antisémitisme après le 7 octobre : comment être Juif en France aujourd’hui ?”, organisé avec le soutien de l’ambassade d’Israël, du CRIF et de la LICRA. Le mot d’introduction du secrétaire du CCJSV, Gérard Feldman, avait alors comparé l’adversité politique à une “hydre islamiste” et mis en garde contre “l’islamo-gauchisme”.
Et pour les curieux, la tombola de l’évènement de dimanche propose toujours un billet d’avion pour Israël. Aller simple non précisé.
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