Pride radicale de Montpellier : “Nos communautés doivent se renforcer face à l’extrême droite”

Elian Barascud Publié le 20 juin 2026 à 11:25 (mis à jour le 20 juin 2026 à 11:28)
Entre 1 500 et 2 000 personnes ont défilé vendredi 19 juin dans les rues de Montpellier pour une pride radicale antifasciste, anticapitaliste et anti-impérialiste. ("Le Poing")

Entre 1 500 et 2 000 personnes ont défilé vendredi 19 juin dans les rues de Montpellier pour une pride radicale antifasciste, anticapitaliste et anti-impérialiste, la veille de la marche des fiertés officielle organisée par Fiertés Montpellier Pride

La mobilisation était deux à trois fois plus forte que l’an dernier. Entre 1 500 et 2 000 personnes ont répondu vendredi 19 juin à l’appel d’une pride radicale dans les rues de Montpellier, à la veille de la marche des fiertés officielle prévue ce samedi à 16 heures. Antifasciste, anticapitaliste, anti-impérialiste : le cortège affichait sans ambiguïté ses couleurs, dans une édition qui résonne avec un contexte international jugé de plus en plus hostile aux personnes LGBTQIA+.

Au micro, les prises de parole ont d’abord ciblé la municipalité. « Nous dénonçons le pinkwashing de la mairie de Montpellier et de son maire, Michaël Delafosse, qui réprime les soutiens à la Palestine et laisse 2 000 personnes à la rue, dont des personnes de notre communauté », a lancé l’un des intervenants. La polémique autour de Fiertés Montpellier Pride, l’association organisatrice de la marche officielle, dont plusieurs collectifs queers ont dénoncé ces dernières semaines le fonctionnement opaque et la programmation jugée déconnectée du tissu local, a également été mentionnée explicitement.

Le tableau international dressé dans les interventions est sombre. Au Royaume-Uni, la Cour suprême a tranché en avril dernier : la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique, une décision dont les conséquences pour les femmes transgenres inquiètent les associations de défense des droits LGBTQ+. Aux États-Unis, l’administration Trump poursuit sa politique de démantèlement des droits trans, s’en prenant aux centres de santé communautaires. Et en France, des maires Rassemblement national ont commencé à couper les subventions d’associations de prévention et de sensibilisation. « Nos communautés doivent se renforcer face à l’extrême droite et à un contexte international de plus en plus hostile », résumait-on au micro.

Le contexte national donne aussi des raisons de s’inquiéter. Selon le dernier rapport de SOS Homophobie, 1 771 signalements de LGBTphobies ont été recensés en France, en hausse par rapport aux 1 571 témoignages enregistrés l’année précédente. Des chiffres que l’association elle-même considère comme partiels, de nombreuses victimes ne signalant pas les violences subies. Les jeunes LGBTQIA+ seraient, selon les données citées lors de la manifestation, sept fois plus exposés aux risques de suicide que la population générale.

Les revendications portées par le cortège couvraient un spectre large : interdiction réelle des thérapies de conversion, facilitation des parcours de transition y compris pour les mineurs, arrêt des mutilations sur les enfants intersexes, PMA pour toutes et tous, décriminalisation du travail du sexe, fermeture des centres de rétention administrative et liberté de circulation. Sur le plan local, les manifestants ont demandé la fin du jumelage de Montpellier avec la ville israélienne de Tibériade et l’arrêt de la journée de Jérusalem organisée par le centre culturel juif Simone Veil, « en contradiction avec le droit international ». Ils ont également appelé à la création d’une inter-orga LGBT pour co-organiser la marche des fiertés. Une revendication qui rejoint celle des collectifs signataires du communiqué « La pride au peuple », qui avaient annoncé leur retrait de la marche officielle il y a quelques semaines.

Enfin, un appel a été lancé à rejoindre la pride de Carcassonne le 27 juin, dans une ville récemment passée aux mains du RN, où des attaques par des groupuscules d’extrême droite avaient pu être observées lors d’éditions précédentes.

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