“Les huiles sont essentielles, et nous ?” : à Montpellier, des salariés d’Aroma-Zone en grève
Samedi 6 juin, des employés de la boutique Aroma-Zone du Polygone ont cessé le travail pour dénoncer la précarité de leurs contrats et la dégradation de leurs conditions de travail. Un mouvement local qui fait écho aux récentes révélations de FranceInfo sur les pratiques managériales de l’enseigne de cosmétiques
“Les huiles sont essentielles, et nous ?” , pouvait-on lire sur une pancarte devant le centre commercial du Polygone, ce samedi 6 juin. Des salariés de la boutique Aroma-Zone se sont mis en grève, une première dans cet établissement qui ne compte pas encore de syndicat. Ce qui explique sans doute que personne ne souhaite s’exprimer à visage découvert, par crainte de représailles.
La mobilisation, décidée en début de semaine, fait suite à l’annonce par la direction du magasin la fin de plusieurs contrats d’intérim dans la boutique, dont certains couraient depuis plus d’un an. “Ce sont des CDD déguisés”, souffle l’un des grévistes. “Ça rejoint ce qui est sorti dans la presse il y a quelques semaines.” Il fait référence à une enquête de FranceIinfo publiée le 25 mai dernier, qui documentait, à partir de témoignages d’ex-salariées, un recours massif à l’intérim dans les boutiques de l’enseigne, des fins de mission brutales et une ambiance de travail décrite comme toxique. Aroma-Zone avait alors indiqué ne pas cautionner ces pratiques.
Les revendications de ce samedi vont au-delà des seuls contrats précaires. Une salariée décrit des conditions de travail qui se dégradent d’été en été : “Cela fait trois étés que notre climatisation lâche. On se retrouve à travailler trois semaines sans. Certains clients font des malaises.” Elle signale aussi une salle de pause trop exiguë pour accueillir l’ensemble du personnel pendant les temps de repos.
Dans leur tract, les grévistes demandent une clarification sur le recours prolongé aux contrats courts pour des besoins qu’ils estiment durables, une revalorisation des primes au regard de la charge de travail, ainsi qu’un dialogue social que, pour l’heure, ils disent ne pas avoir.
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