Social
Reportage 3 août 2019

Manifestations pour Steve et contre les violences policières : 100 personnes à Béziers, 700 à Montpellier

par Le Poing
Minute de silence pour Steve, effectuée le poing en l'air par les manifestants devant l’hôtel de police de Montpellier.

« Il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de Steve Maia Caniço » déclarait cette semaine le premier ministre, qui reprenait lui-même la synthèse du rapport de l’IGPN à propos de la charge policière ayant eu lieu quai Wilson à Nantes pendant la fête de la musique. Cependant, personne ne croit à cette version « officielle », et des rassemblements et manifestations en hommage à Steve se sont déroulés un peu partout en France ces derniers jours, de Nantes à Paris en passant par Béziers.

A Montpellier, l’acte 38 des gilets jaunes a lui aussi été marqué par une forte colère envers le gouvernement et une volonté de justice pour Steve, ainsi que pour toutes les victimes de violences policières.

Gilets jaunes acte 38 à Montpellier : « Castaner assassin »

Environ 700 personnes ont manifesté dans les rues de Montpellier ce samedi 3 août à l’appel des gilets jaunes. Dès 14h, on pouvait lire sur le sol de la Comédie un message écrit à la craie, qui a donné le ton de la manifestation, entre colère et recueillement : « 21 juin 2019, justice pour Steve ». Au milieu du rassemblement, Hussein Bourgi, premier secrétaire fédéral du PS héraultais, se fait prendre vivement à parti par des manifestants avant de quitter la manifestation.

Le cortège a démarré sa marche vers 14h45 et a pris la route de la préfecture, en scandant des slogans tels que « Castaner assassin ! » et « La police mutile, la police assassine ! » Devant l’hôtel de police, une minute de silence a été observée en hommage à Steve.

De courtes prises de paroles se sont ensuite enchaînées pour rappeler que Steve n’était pas la seule victime des violences policières, et plusieurs noms ont été cités, dont Zineb Redouane, marseillaise tuée par un projectile policier depuis son balcon, ou Casti et Dylan, des manifestants montpelliérains tous deux éborgnés par la police.

La manifestation a ensuite repris sa route paisiblement en direction de la préfecture, où les manifestants ont crié « assassins » en direction des forces de l’ordre. La dispersion de la manifestation se fit dans un calme des plus plats, qui contrastait fortement avec la colère palpable. « Un jeune homme est mort à cause de la police, je ne comprends pas qu’on ne soit pas plus nombreux dans la rue, c’est absolument choquant » commentait une vieille dame en quittant la manifestation, s’étonnant du manque de monde et de radicalité dans les rues.

A Béziers, une centaine de personne réunies en hommage à Steve et Zineb

A Béziers, ils étaient une centaine vendredi soir sur devant la médiathèque pour dénoncer les violences policières : « C’est plutôt positif de voir ça, dans une ville plutôt ralliée à l’extrême droite », commentait une vieille militante bittéroise. La déambulation est passée sur les allées Paul Riquet, devant le théatre, puis les manifestants ont déposé des pancartes « Justice pour Steve et Zineb » et «stop aux violences policières » devant les portes du commissariat . Ce défilé s’est également déroulé dans le calme et la police était pratiquement absente du parcours.

Même si nous sommes loin du « sursaut révolutionnaire » que nous évoquions dans notre précédent article, les mobilisations en hommage à Steve se multiplient partout en France, portant l’espoir d’une mobilisation qui pourrait renaître de plus belle à la rentrée.


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À Montpellier comme ailleurs, la mobilisation pour Steve n’est (pour le moment) pas à la hauteur