Montpellier : 300 personnes manifestent contre la venue de Zemmour au Dièze

Elian Barascud Publié le 23 janvier 2024 à 21:14 (mis à jour le 23 janvier 2024 à 23:12)
300 personnes ont défilé dans les rues ce mardi 23 janvier pour s'opposer à la venue d'Eric Zemmour, leader du parti Reconquête, au Dièze.

Depuis l’annonce de la venue du président de Reconquête dans la salle de concert Montpelliéraine qu’il a loué pour un meeting, la colère ne désemplit pas. Elle s’est d’ailleurs manifestée dans les rues ce mardi 23 janvier

“Pour un rassemblement organisé en 24 heures, c’est plutôt réussi”, se réjouissait un militant antifasciste Montpelliérain, un peu après 18 heures, alors que les rangs continuaient de grossir au parc Alain Bashung, lieu de rendez-vous de l’événement. Un rassemblement organisé par plusieurs organisations et syndicats de gauche pour s’opposer à la venue d’Eric Zemmour au Dièze, salle de concert Montpelliéraine connue notamment pour ses soirées techno queer. La Gazette de Montpellier évoque quant à elle “une centaine de personnes”, sans parler de toute la polémique qui a agité les réseaux sociaux ce weekend.

Le collectif antifasciste la Jeune Garde, en première ligne du cortège, a chanté et scandé des slogans tout le long de la manifestation. (Le Poing)

Car depuis la publication de notre premier article, où le Dièze avait justifié cette location par “une ouverture d’esprit”, puis d’un deuxième article, où nous avons relayé le communiqué du lieu faisant état d’une”neutralité”, les réactions d’habitués du lieu se sont multipliées sur les réseaux. Des collectifs ou lieux montpelliérains, comme le Madrediosa, ont même annulé des évènements prévus au Dièze ou appelé au boycott de l’établissement.

Le collectif Nuit Brune, qui a organisé la soirée queer du weekend dernier, a notamment publié un communiqué sur Instagram pour se désolidariser du Dièze. “Sa venue est incompatible avec toutes les soirées qui se sont tenues et devaient se tenir en ces murs. Nous et notre public représentons tout ce que Eric Zemmour appelle à haïr”.

Cette polémique aura fait grossir les rangs du rassemblement, peuplé de nouvelles têtes jusqu’alors inconnues des rassemblements antifascistes locaux. C’est le cas, d’Anna, 20 ans, venue avec des amis. “J’allais au Dièze de temps en temps, mais je suis choquée de leur réaction. Je ne comprends pas comment on peut inviter Zemmour entre deux week-end de soirées techno queer.”

De son côté, le collectif Origins, organisateur de la soirée queer qui devrait se tenir au Dièze ce wekkend, ont annoncé sur Intagram qui n’annuleraient pas l’évènement. “Nous n’avons pas réussi à convaincre le lieu d’annuler ce congrès, malgré nos discussions et échanges. […] nous utiliserons notre colère pour garder nos espaces, nous refusons de nous invisibiliser. Ce parti a déjà fait annuler une soirée techno sur Lyon car nous étions NOGENDER. Nous ne voulons pas cèder une seconde fois à la pression.” Le collectif a également justifié son choix par contrainte financière, appelé a politiser cette fête et a même proposé un “ticket spécial antifacho” pour celles et ceux qui “rejoindraient leur cause.”

“Zemmour casse toi, Montpeul’ est antifa”

Après quelques centaines de mètres, le cortège s’est arrêté à un carrefour. Une partie de la manifestation voulait aller devant le Dièze, l’autre, menée par une partie des organisateurs, la France Insoumise en tête, a appelé à continuer tout droit pour se dissoudre au rond point de Près d’Arènes. Ce qui n’a pas empêché une partie du cortège de repartir en sens inverse une fois arrivée à destination pour tenter d’aller devant la salle de concert en scandant “Zemmour casse toi, Montpeul est antifa”. Ils seront stoppés par un barrage de police devant l’entrée d’une rue. Les manifestants se sont ensuite dispersés dans le calme.


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