Montpellier : le collectif citoyen contre le sans-abrisme rend hommage à Peter, mort de la rue

Elian Barascud Publié le 16 septembre 2026 à 10:25
Une quinzaine de membres du Collectif citoyen contre le sans-abrisme se sont rassemblés mardi 15 septembre à 18h30, place de la Comédie, pour rendre hommage à Peter. Ce Suisse de 77 ans, sans abri, a été retrouvé mort dimanche sous la bâche qui lui servait d'abri. ("Le Poing")

Une quinzaine de membres du Collectif citoyen contre le sans-abrisme se sont rassemblés mardi 15 septembre à 18h30, place de la Comédie, pour rendre hommage à Peter. Ce Suisse de 77 ans, sans abri, a été retrouvé mort dimanche sous la bâche qui lui servait d’abri. Le collectif en a profité pour dénoncer la non-réponse de la mairie à une lettre ouverte rédigée par les militants début juillet

Il avait 77 ans. Pour quelqu’un qui dort dehors, c’est « exceptionnellement vieux », relève Gilles, membre du collectif citoyen contre le sans-abrisme, qui a organisé un rassemblement place de la Comédie ce mardi 15 septembre. Il avance deux chiffres : un homme passé par la rue a une espérance de vie de 49 ans, contre 84,7 ans pour un homme né la même année et logé dans des conditions dignes. Peter vivait à Montpellier depuis quatre ans et était connu de la maraude du SAMU social. Le médecin légiste qui a pratiqué l’autopsie conclut à une « mort naturelle ». « Peut-on vraiment parler de mort naturelle dans la rue ? », s’interroge Gilles. Selon des chiffres de la préfecture, que le collectif juge non exhaustifs, Peter est le dixième mort de la rue à Montpellier depuis janvier. La ville compte entre 1 000 et 2 000 sans-abri, suivant les sources.

Le collectif connaît ce rituel. Il s’est constitué trois jours après la mort de froid d’un jeune homme de 29 ans dans les rues de la ville, le 30 décembre 2025. Le 7 mars, malgré la pluie, une cinquantaine de personnes avaient répondu à son appel sur la place de la Comédie, avec six associations, pour honorer notamment les 34 personnes mortes dans la rue en 2025. « On s’était dit qu’il fallait le refaire à chaque fois qu’il y a un nouveau décès », explique Gilles. Fin mars, à l’approche de la fin de la trêve hivernale, le collectif avait aussi lancé un appel à réquisitionner les logements vacants.

Pour ses membres, ces morts n’ont rien d’une fatalité. « Il faut garantir un droit au logement comme un droit fondamental. Ce sont des choix politiques », insiste Gilles. Le collectif pointe la baisse de 15 % du budget annoncée pour 2026 par la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), ainsi qu’une coupe de 8 % sur l’hébergement d’urgence. Début juillet, après un rendez-vous en préfecture, le collectif a adressé une lettre ouverte à la mairie de Montpellier pour réclamer un plan d’action. Il affirme n’avoir reçu aucune réponse à ce jour.

Ses demandes restent les mêmes : des plans de sauvegarde, des lieux d’accueil ouverts 24 heures sur 24, et le maintien des dispositifs existants. « On ne veut pas attendre d’être dans des circonstances extrêmes comme des canicules ou des épisodes cévennols pour ouvrir des lieux ».

Solidarité Partagée appelle à une collecte citoyenne

L’association Solidarité Partagée, qui ouvre des lieux d’accueil pour des familles sans-abri dénonce également l’inaction des pouvoirs publics. Fin août, l’association présidée par Samuel Forest avait ouvert un nouvel espace d’accueil dans un ancien local commercial laissé à l’abandon, pour y loger des mères seules avec enfants. Les occupants en ont été expulsés quelques jours plus tard.

L’association a déjà vécu ça. Le 27 octobre dernier, la police avait expulsé sur ordre du préfet la trentaine de personnes, dont quinze enfants, hébergées dans son ancien lieu, une entreprise désaffectée du nord de Montpellier. Il avait fallu une semaine de campement devant l’hôtel de ville pour que la mairie mette finalement les huit familles à l’abri à l’hôtel. Le préfet de l’Hérault avait alors dénoncé une « instrumentalisation politique » et annoncé saisir le procureur contre l’organisateur du lieu. Samuel Forest doit comparaître en avril devant le tribunal pour maintien illicite dans un local sans droit ni titre. Il ne compte pas rester les bras croisés pour autant et lance une collecte citoyenne de tentes et de couvertures, à distribuer cet hiver. Pour participer, écrire à Solidarité Partagée : solidaritepartagee.montpellier@gmail.com

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