Montpellier : le Planning Familial 34 alerte sur la faillite annoncée du monde associatif
Menacé de fermeture à cause de baisses de financements, le Planning Familial 34 a appelé le secteur associatif à un rassemblement sur la place de la Comédie ce mercredi 17 juin pour alerter sur la situation de ces structures
Il y a quelques semaines, le Planning Familial 34 (l’un des plus gros de France, avec une quinzaine de salariés) appelait à la solidarité financière pour la deuxième fois en quatre ans. Si la structure, qui a accompagné près de 22 700 personnes en 2025 pour des consultations, des informations sur la contraception ou l’IVG ou des situations de violences,a atteint son objectif de 20 000 euros, la situation est toujours tendue.
“Nos subventions des collectivités baissent ou stagnent, mais le coût de l’énergie augmente et l’inflation pèse sur nos finances”, résume Gaëlle, l’une des membres du Conseil d’administration du Planning Familial 34 à l’initiative du rassemblement de ce mercredi 17 juin sur la place de la Comédie, qui a rassemblé environ 150 personnes. La structure voit également une partie de ses activités remises en cause : selon une enquête de StreetPress publiée en avril 2026, l’académie de Montpellier a décidé que les interventions d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) dans le premier degré seraient désormais assurées “uniquement par le personnel de l’Éducation nationale“. Les associations agréées, dont le Planning Familial, se retrouvent ainsi exclues des écoles primaires. “Dans un contexte comme celui qu’on vit en ce moment avec l’affaire Lyhanna, on voit qu’on a réellement besoin de ce dispositif”, commente Gaëlle.
Depuis la semaine dernière, l’association va à la rencontre de ses financeurs (Ville, Département…) pour exposer ses difficultés. La mairie de Montpellier, qui met à disposition un local et octroie chaque année une subvention de 7 000 euros au Planning Familial 34, se serait engagée à soutenir la structure, et l’hypothèse d’une aide exceptionnelle serait sur la table. “Ce qu’on veut, c’est une convention pluriannuelle qui nous évite de refaire des demandes de subventions chaque année, et un local adapté aux personnes à mobilité réduite, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui”, résume Gaëlle.
Plusieurs autres structures associatives du social et du médico-social ont évoqué des situations similaires au micro : le centre de santé communautaire Human Santé, menacé de fermeture par un arrêt de financement du dispositif par l’État, ou encore d’anciens salariés de l’association AREA, qui aidaient des personnes sans domicile fixe, licenciés après l’arrêt de ses financements accordés par l’État à cause de son rapport “critique” vis-à-vis des institutions. Reste que la plupart de ces structures dépendent de collectivités territoriales qui, au-delà des contraintes budgétaires connues, font aussi des choix politiques. Et une participante au rassemblement de rappeler au micro que “la Ville, la Métropole, le Département et la Région ont un point commun : le parti socialiste est à leur tête”. À bon entendeur…
Nos articles sont gratuits car nous pensons que la presse indépendante doit être accessible à toutes et tous. Pourtant, produire une information engagée et de qualité nécessite du temps et de l’argent, surtout quand on refuse d’être aux ordres de Bolloré et de ses amis… Pourvu que ça dure ! Ça tombe bien, ça ne tient qu’à vous :
ARTICLE SUIVANT :

