“Soutenir la Palestine n’est pas un crime” : A Montpellier, rassemblement de soutien à Anasse Kazib

Elian Barascud Publié le 24 juin 2026 à 19:54 (mis à jour le 24 juin 2026 à 19:57)
Le cheminot et porte-parole de Révolution Permanente passe en procès ce jeudi 25 juin à Paris pour apologie du terrorisme, pour des tweets de soutien à la Palestine postés le 7 octobre 2023. ("Le Poing")

Le cheminot et porte-parole de Révolution Permanente passe en procès ce jeudi 25 juin à Paris pour apologie du terrorisme, pour des tweets de soutien à la Palestine postés le 7 octobre 2023. La veille, 80 personnes se sont rassemblées devant la préfecture de l’Hérault pour le soutenir

Quatre-vingt personnes étaient réunies ce mercredi 24 juin devant la préfecture de l’Hérault afin de soutenir un homme qui risque sept ans de prison pour quelques tweets. Anasse Kazib, porte-parole de Révolution Permanente, cheminot et syndicaliste à Sud Rail, est jugé ce jeudi 25 juin à Paris pour apologie du terrorisme. Ce qu’on lui reproche : avoir relayé, le 7 octobre 2023, plusieurs messages de soutien à “la résistance palestinienne” et qualifié Israël d’“État sanguinaire”. À l’origine de la procédure, une plainte de l’association “Jeunesse Française Juive”, créée le jour même des attaques du Hamas, qui visait une quarantaine de personnalités, de Jean-Luc Mélenchon à Olivier Besancenot. L’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic a lui-même dénoncé l’“usage totalement dévoyé” de ce délit, conçu à l’origine pour cibler les sites de propagande jihadiste. Le procès aurait d’ailleurs dû se tenir dès juin 2025. Il avait alors été reporté d’office, l’audience étant jugée trop chargée.

“Ce procès fait suite à beaucoup d’autres, Rima Hassan, Jean-Paul Delescaut, José-Luis de BDS Montpellier”, résume Natacha, militante à Révolution Permanente Montpellier, dressant un inventaire des poursuites qui ont émaillé ces deux dernières années. L’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan est en effet convoquée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel, après une garde à vue début avril, pour un tweet citant un militant du Front populaire de libération de la Palestine. Quant à Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de la CGT du Nord, il avait été condamné en avril 2024 à un an de prison avec sursis pour un tract de soutien aux Palestiniens, avant d’être finalement relaxé en appel en mars 2026. “Le seul moyen de lutter contre la criminalisation du soutien à la Palestine, c’est de faire un bloc de soutien uni et fort. Le procès de demain, ça sera le procès du génocide et de la complicité de la France”, ajoute la militante.

La question de la répression du mouvement de soutien à la Palestine est particulièrement sensible à Montpellier. Ibtissane, porte-parole de BDS-Urgence Palestine Montpellier, en témoigne : “La lutte contre la répression fait partie de la lutte pour la Palestine. Pendant que nos militants sont envoyés en garde à vue ou enchaînent les procès, le génocide continue. Au lieu de rompre les accords avec l’État israélien et d’arrêter de lui vendre des armes, l’État nous réprime.”

En effet, BDS Montpellier connaît bien les tribunaux. José-Luis Moraguès, co-fondateur de l’antenne locale de la campagne, a lui-même enchaîné les procédures depuis 2024. D’abord pour une affiche qualifiant des élus socialistes de “complices d’Israël”, puis pour avoir versé de la gouache rouge sur la plaque de jumelage entre Montpellier et la ville israélienne de Tibériade, lors d’une action symbolique à la Maison des relations internationales en juin 2024. Une condamnation à 150 euros d’amende avec sursis, que la Ville de Montpellier et le parquet ont tous deux décidé de porter en appel, avant que le parquet ne se désiste le jour de l’audience. Et ce n’est pas terminé : en septembre prochain, José-Luis Moraguès comparaîtra pour diffamation, à la suite d’une plainte de la présidente du CRIF local et de la présidente du Centre Culturel Juif Simone Veil, après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux de BDS qualifiant leurs positions politiques de “sionistes”.

Les universités montpelliéraines ne sont pas épargnées. Floriane, militante au Poing Levé, l’organisation de jeunesse de Révolution Permanente, évoque de son côté la multiplication des pressions dans les établissements. À Paul-Valéry, où le comité universitaire de soutien à la Palestine réclame depuis plus d’un an la rupture des partenariats avec des universités israéliennes liées à l’armée, des conférences ont été interdites en salle et des étudiants intimidés par les agents de sécurité après une action symbolique en février 2026.

“Défendre la Palestine n’est pas un crime”, conclut Natacha. Demain, un tribunal parisien sera chargé d’en décider.

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