Montpellier : 8 000 à 12 000 personnes en soutien aux lycéens, la police disperse la Comédie au gaz lacrymogène
Nouvelle journée de mobilisation pour les lycéens de Montpellier, ce mardi 6 octobre. Près de 12 000 étudiants, enseignants, syndicats et parents d’élèves ont défilé à leurs cotés pour défendre leurs revendications. En fin d’après-midi, la police a fait usage de gaz lacrymogène sur la place de la Comédie. L’Observatoire des libertés de Montpellier fait état d’une dizaine de blessés et d’au moins deux interpellations
À Montpellier, près de 12 000 personnes selon les syndicats et 8 000 selon la préfecture se sont mobilisées mardi 6 octobre aux côtés des lycéens. Depuis le début du mouvement, le 29 septembre dernier, ces derniers répètent inlassablement leurs attentes: « On demande des classes moins chargées, détaille Sofia, élève en seconde au lycée Joffre. Cette année, on est 35 à 36 élèves par classe, c’est plus difficile de suivre les cours. » Des demi-journées d’enseignement ont été annulées en début d’année à cause de la chaleur : « Nos profs ont fait grève, il faisait trop chaud dans les salles de classes », explique Malic, 15 ans.
Il y a aussi les emploi du temps à rallonge et la pression liée à la réforme de la plateforme Parcoursup. Dans le cortège, Mathilde a 20 ans. Étudiante à l’université Paul Valéry, elle aussi a connu les classes surchargées au lycée, « sans assez de chaises et de tables » dans les classes, avec « des profs manquants non remplacés ». « Ce n’est pas possible de passer le baccalauréat dans ces conditions. C’est pour ça qu’on est la, il faut que ça change. »
Dans le cortège, beaucoup de pancartes dénoncent la répression du mouvement par les forces de police. Des chants contre la police sont scandés tout le long du trajet. Delphine, pancarte à la main, ne cache pas sa colère : « Mon fils a participé au blocus du lycée Clémenceau. Ils étaient calmes, et ils ont été chargés et gazés sans sommation. »
D’après l’Observatoire des libertés de Montpellier, une adolescente de 17 ans a été gravement blessée à l’œil après une charge policière devant l’établissement, vendredi 2 octobre. Elle souffre aujourd’hui de deux fractures au visage.
« C’est inadmissible de traiter des mineurs comme ça, réagit la mère de famille, également enseignante. Je ne suis pas anti-police par principe, mais je suis contre une police aux ordres, violente. Si tu n’arrives pas à gérer sur le terrain, tu démissionnes. »

« On ne réglera pas la situation à coup de matraque »
Dimanche 4 octobre au soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réclamé à plusieurs de ses ministres des consultations, avec une date butoir : ils ont jusqu’à la fin du mois d’octobre pour donner de premières propositions d’amélioration. Insuffisant pour Jean-Baptiste Vincensini, enseignant et représentant du syndicat SNES FSU Education. « C’est un plan d’urgence massif qu’il nous faut, pas des mesurettes ou de la communication politique. Les revendications portées par les lycéens, ce sont les nôtres depuis des années. On ne réglera pas la situation à coup de matraque. »

Dans la matinée, des élèves de plusieurs établissements ont bravé l’interdiction de rassemblement imposée par la préfecture de l’Hérault. Au moins un jeune a été interpellé devant le lycée Jules Ferry, où plusieurs poubelles ont été incendiées.
Drone, lacrymos sans sommation et grenade de désencerclement
À la fin de la manifestation déclarée, des milliers de jeunes se retrouvent sur la place de la Comédie. Un drone vole dans le ciel et surveille les manifestants. Quelques projectiles volent en direction d’une rangée de CRS postée devant l’Office de tourisme, la plupart sans les toucher. La police réplique à coup de gaz lacrymogène, et charge, sans sommation. S’en suivra une heure d’affrontements, où les forces de l’ordre feront usage d’une grenade de désencerclement. L’Observatoire des Libertés de Montpellier dresse un bilan provisoire d’une dizaine de blessés (la plupart par des coups de matraques, pour certains à la tête), et au moins deux interpellés. Les journalistes indépendants Ricardo Parreira et Samuel Clauzier affirment également avoir été frappés ou bousculés par la police alors qu’ils faisaient leur travail en étant clairement identifiables.
COLÈRE LYCÉENNE : PLUS DE 10 000 MANIFESTANT·E·S À MONTPELLIER Les manifestant·e·s, surveillé·e·s par un drone, essuient de nombreux tirs de grenades lacrymogènes à Montpellier, dont certains sans sommation, et plusieurs blessés par coups de matraques sont à déplorer. https://t.co/wyaL0GnjaB
— Le Poing – Montpellier (@lepoinginfo) October 6, 2026
Nos articles sont gratuits car nous pensons que la presse indépendante doit être accessible à toutes et tous. Pourtant, produire une information engagée et de qualité nécessite du temps et de l’argent, surtout quand on refuse d’être aux ordres de Bolloré et de ses amis… Pourvu que ça dure ! Ça tombe bien, ça ne tient qu’à vous :
ARTICLE SUIVANT :

